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Soins à domicile

Aide à domicile, auxiliaire de vie, aide-soignant, infirmier : qui fait quoi ?

10 min de lecture Mis à jour le 15 août 2026

Auxiliaire de vie aidant une personne âgée à se déplacer dans son salon

Aide à domicile, auxiliaire de vie, aide-soignant, infirmier : ces quatre mots reviennent sans cesse dès qu’on organise un maintien à domicile, et ils sont presque toujours confondus. Pourtant chacun correspond à un métier, un diplôme et un cadre légal différents, avec des conséquences concrètes sur ce que la personne peut faire chez vous et sur qui vous devez appeler. Voici un repère clair pour ne plus se tromper.

Quatre métiers, quatre cadres différents

Ces quatre professionnels interviennent au domicile des personnes âgées ou en perte d’autonomie, mais ils ne dépendent pas du même secteur et n’ont pas le droit de faire les mêmes gestes. Deux relèvent du secteur social (aide à domicile, auxiliaire de vie), deux relèvent du secteur sanitaire (aide-soignant, infirmier).

Métier Diplôme Ce qu’il fait Ce qu’il ne fait pas
Aide à domicile Terme générique, formation variable selon l’employeur Ménage, courses, préparation des repas, aide au lever, à l’habillage, à la toilette non médicalisée Aucun acte de soin, aucune surveillance médicale
Auxiliaire de vie DEAES (diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social)[2] Accompagnement des actes essentiels du quotidien, maintien du lien social, stimulation de l’autonomie Aucun acte de soin technique, aucune prise en charge médicale
Aide-soignant DEAS (diplôme d’État d’aide-soignant)[6] Hygiène, confort, aide aux repas et aux déplacements, prise de paramètres simples, en collaboration avec un infirmier Ne réalise pas seul d’actes techniques infirmiers (pansements, injections)
Infirmier (IDE) Diplôme d’État d’infirmier Soins sur prescription médicale (pansements, injections, perfusions) et soins relevant de son rôle propre N’intervient pas pour le ménage ou l’aide à la vie quotidienne non médicale

Le point de départ à retenir : seul l’infirmier réalise des actes de soin, sur prescription du médecin ou dans le cadre de son rôle propre. Les trois autres professions accompagnent la personne dans son quotidien, avec un niveau de technicité croissant de l’aide à domicile vers l’aide-soignant.

À qui s’adresse cet article

Vous cherchez à organiser une aide chez un parent âgé ou un proche en perte d’autonomie, on vous a parlé d’une « aide-soignante » qui viendrait faire le ménage, ou d’une « infirmière » pour aider au lever, et vous ne savez plus qui appeler. Cet article s’adresse aux patients et à leurs proches, pas aux professionnels : l’objectif est de clarifier qui fait quoi pour éviter les malentendus et les rendez-vous qui ne correspondent pas au bon besoin.

À retenir

  • Un besoin de ménage, courses ou aide au quotidien : aide à domicile ou auxiliaire de vie.
  • Un besoin de toilette et confort avec surveillance : aide-soignant, souvent via un SSIAD ou un service autonomie à domicile.
  • Un besoin de pansement, injection, prise de sang, perfusion : infirmier, sur ordonnance.
  • Un doute sur la situation médicale : le médecin traitant reste le point d’entrée.

Qui appeler selon la situation

Dans la pratique, les besoins se mélangent rarement proprement. Une même personne peut avoir besoin d’aide pour les courses ET d’un pansement quotidien : ce sont alors deux intervenants différents, coordonnés, et non un seul professionnel « polyvalent ». Voici les cas les plus fréquents.

  • « Mon proche ne peut plus faire son ménage ni ses courses » : aide à domicile ou auxiliaire de vie, financée en partie par l’APA à domicile selon le niveau de dépendance (démarche à part, voir plus bas).
  • « Il a besoin d’aide pour se laver et s’habiller, sans soin médical » : auxiliaire de vie ou aide-soignant selon le degré de dépendance et la présence ou non d’une pathologie à surveiller.
  • « Le médecin a prescrit un pansement, une injection ou une prise de sang à domicile » : infirmier libéral, sur ordonnance uniquement.
  • « Il sort de l’hôpital et a besoin à la fois de soins et d’aide quotidienne » : le relais s’organise généralement via un service autonomie à domicile, SSIAD ou SPASAD, voire une HAD si les soins sont lourds, avec le médecin traitant ou l’équipe hospitalière comme premier interlocuteur.

Comment ça s’organise concrètement

Historiquement, l’aide (SAAD) et les soins infirmiers (SSIAD) relevaient de deux services distincts, ce qui obligeait les familles à multiplier les interlocuteurs. Depuis le décret du 13 juillet 2023, ces services fusionnent progressivement en un « service autonomie à domicile » (SAD), guichet unique censé simplifier l’accès à l’aide et aux soins[5]. La bascule est en cours jusqu’à fin 2025 pour les anciens SSIAD : selon votre département, vous pouvez encore avoir affaire à un SAAD et un SSIAD séparés, ou déjà à un SAD unifié.

Dans tous les cas, la coordination passe par les mêmes étapes :

  • Le médecin traitant évalue le besoin de soins et rédige l’ordonnance si un infirmier doit intervenir.
  • Pour l’aide à la vie quotidienne, une évaluation à domicile (par le SAD, le conseil départemental pour l’APA, ou une structure d’aide) détermine le volume d’heures nécessaire.
  • L’infirmier, l’aide-soignant et l’auxiliaire de vie peuvent intervenir en parallèle, chacun sur son créneau, sans que leurs missions se recouvrent : le plan de soins infirmiers ne reflète que les actes réalisés directement par l’infirmier, pas ceux des autres intervenants[3].

Coût et prise en charge : ce qu’il faut savoir avant de chercher un montant

Les modalités de financement diffèrent selon le professionnel, et les montants précis (tarifs conventionnels, taux de remboursement, plafonds d’aide) évoluent régulièrement : nous ne les indiquons pas ici pour éviter de vous donner un chiffre périmé. Ce qu’il faut retenir sur le principe :

  • Les soins infirmiers sur prescription sont pris en charge par l’Assurance Maladie selon les règles habituelles de remboursement, à vérifier au cas par cas auprès d’Ameli ou de votre infirmier.
  • L’aide à domicile et l’auxiliaire de vie peuvent être financées, sous conditions de ressources et de niveau de dépendance (grille AGGIR), par l’APA à domicile versée par le conseil départemental, ou par la PCH pour le handicap.
  • Un crédit d’impôt existe pour les services à la personne employés en direct ou via un prestataire, sous conditions.
  • En dehors de ces dispositifs, les heures d’aide à domicile restent à la charge de la famille au tarif du prestataire ou de l’emploi direct.

Pour un chiffrage à jour de votre situation, le conseil départemental (APA) et votre caisse d’Assurance Maladie restent les interlocuteurs fiables : évitez les montants glanés sur des forums ou des sites commerciaux, souvent obsolètes.

Pièges et erreurs fréquentes

  • Demander à une aide à domicile de faire un pansement ou une injection : elle n’en a pas le droit, même en cas d’urgence ressentie. Seul un infirmier peut réaliser ces actes.
  • Appeler un infirmier pour du ménage ou des courses : ce n’est pas son rôle, et cela mobilise un temps de soin rare pour une tâche qui ne relève pas de sa compétence.
  • Confondre aide-soignant et infirmier : l’aide-soignant collabore avec l’infirmier pour les soins de confort, mais ne se substitue pas à lui pour un acte technique.
  • Attendre la sortie d’hôpital pour organiser l’aide à domicile : mieux vaut anticiper dès que la sortie est annoncée, les délais d’intervention des services d’aide et de soins n’étant pas immédiats.
  • Penser qu’un seul professionnel peut tout faire : dans la plupart des situations complexes, plusieurs intervenants se coordonnent, chacun sur son périmètre.

Quand demander de l’aide

Si vous hésitez sur le professionnel à solliciter, deux réflexes simples : pour tout ce qui touche à un soin (pansement, injection, surveillance d’une pathologie), parlez-en d’abord au médecin traitant, qui orientera vers l’infirmier si besoin. Pour tout ce qui touche au quotidien (ménage, aide au lever, présence), le service autonomie à domicile de votre secteur ou le conseil départemental pour une évaluation APA sont les bons points d’entrée.

Si c’est vous qui coordonnez cette aide au quotidien pour un parent ou un conjoint, vous êtes peut-être vous-même concerné par le statut de proche aidant, avec des droits spécifiques que nous détaillons dans un article dédié.

Visitadom met en relation avec des professionnels de santé à domicile (infirmiers, kinésithérapeutes, ostéopathes) référencés sur la plateforme. Nous ne réalisons aucun soin nous-mêmes et ne garantissons ni délai ni disponibilité : chaque praticien reste seul responsable de sa prise en charge.

Trouver un praticien à domicile

En bref

  • Quatre métiers différents : aide à domicile et auxiliaire de vie (secteur social, pas d’acte de soin) ; aide-soignant et infirmier (secteur sanitaire).
  • Seul l’infirmier réalise des actes de soin sur prescription ou dans son rôle propre.
  • Depuis 2023, les services d’aide et de soins fusionnent progressivement en « services autonomie à domicile » (SAD) pour simplifier les démarches.
  • Les montants d’aide et de remboursement évoluent : vérifiez-les auprès du conseil départemental et de l’Assurance Maladie plutôt que de vous fier à un chiffre mémorisé.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une aide-soignante et une auxiliaire de vie ?
L’auxiliaire de vie (DEAES) relève du secteur social et accompagne les actes de la vie quotidienne sans soin médical. L’aide-soignante (DEAS) est un professionnel de santé qui intervient sur l’hygiène et le confort en collaboration avec un infirmier, avec une formation orientée soins[2][6].

Une aide à domicile peut-elle donner des médicaments ?
Non. La préparation et l’administration de médicaments relèvent d’un infirmier ou, dans certains cas très encadrés, d’une aide-soignante sous délégation. Une aide à domicile n’y est pas habilitée.

Faut-il une ordonnance pour qu’un infirmier vienne à domicile ?
Oui pour les actes relevant du rôle prescrit (pansements, injections, prises de sang). Certains soins relevant du rôle propre de l’infirmier peuvent être réalisés sans prescription, dans un cadre plus restreint.

Comment savoir quel service contacter en premier ?
Si le besoin est médical, commencez par le médecin traitant. Si le besoin est un accompagnement du quotidien, contactez le service autonomie à domicile de votre secteur ou le conseil départemental pour une évaluation APA.

Sources et références

  1. Ministère du Travail et des Solidarités, « Aide à domicile », solidarites.gouv.fr.
  2. DREETS Nouvelle-Aquitaine, « DEAES, diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social », dreets.gouv.fr.
  3. Ameli.fr, « Bilan de soins infirmiers (BSI) », ameli.fr.
  4. Légifrance, décret n° 2025-1306 du 24 décembre 2025 relatif aux activités et compétences de la profession d’infirmier, legifrance.gouv.fr.
  5. Pour les personnes âgées (CNSA / ministère), « Création des services autonomie à domicile pour simplifier vos démarches » (mis à jour le 11 septembre 2023), pour-les-personnes-agees.gouv.fr.
  6. DREETS Nouvelle-Aquitaine, « DEAS, diplôme d’État d’aide-soignant », dreets.gouv.fr.

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical. Pour toute question sur une situation médicale précise, consultez votre médecin traitant.

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