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Aidant familial et retraite : ce qui a changé avec l’AVA

9 min de lecture

Un aidant familial apporte son soutien à une personne âgée, illustrant la relation d'aide concernée par l'assurance vieillesse des aidants

Depuis le 1er septembre 2023, l’AVPF (assurance vieillesse des parents au foyer) n’existe plus pour les aidants : elle a été remplacée par l’AVA, l’assurance vieillesse des aidants. Beaucoup d’aidants familiaux ignorent encore ce changement, ou pensent à tort qu’il s’agit d’une aide financière versée directement. Ce n’est pas le cas : l’AVA permet de valider des trimestres de retraite, elle ne verse rien à l’aidant. Voici qui y a droit, comment l’obtenir, et ce qui a vraiment changé depuis 2023.

L’AVA, qu’est-ce que c’est exactement

L’assurance vieillesse des aidants (AVA) permet à un proche aidant qui réduit ou cesse son activité professionnelle pour accompagner une personne en perte d’autonomie ou en situation de handicap de continuer à valider des trimestres de retraite de base, comme s’il avait cotisé.1 Concrètement, ce n’est pas l’aidant qui paie ni qui perçoit une somme : ses cotisations vieillesse sont prises en charge par la CAF ou la MSA, remboursées ensuite par la CNSA.2

L’AVA a remplacé l’AVPF au 1er septembre 2023, en application de la réforme des retraites de 2023 (décret n° 2023-752 du 10 août 2023).3 Ce changement n’est pas rétroactif : il ne s’applique qu’aux périodes d’aide accomplies à compter de cette date. Les trimestres déjà validés au titre de l’ancienne AVPF restent acquis.1

Ce qui a vraiment changé avec l’AVA

Avant 2023, l’AVPF exigeait, pour les aidants de personnes handicapées, un lien familial ET la cohabitation avec la personne aidée. L’AVA a supprimé cette double condition : un aidant non cohabitant, ayant seulement un lien stable et étroit avec la personne aidée, peut désormais être affilié.4 Un changement peu relayé par les guides généralistes, alors qu’il concerne une majorité d’aidants qui, aujourd’hui, travaillent et ne vivent pas sous le même toit que la personne qu’ils accompagnent.

Pourquoi cela compte : une interruption ou une réduction d’activité professionnelle pour accompagner un proche crée, sans l’AVA, un « trou » dans le relevé de carrière, susceptible de peser sur le montant final de la pension et sur l’âge auquel une retraite à taux plein devient possible. L’AVA neutralise ce trou en assimilant la période d’aide à une période cotisée, sans que l’aidant n’ait rien à débourser.1 Le nombre exact de trimestres requis pour une retraite à taux plein dépend de l’année de naissance et évolue avec la réglementation : à vérifier au moment venu auprès de l’Assurance retraite, pas dans cet article.

À qui s’adresse l’AVA : trois situations distinctes

L’affiliation à l’AVA ne dépend pas d’un statut unique d’« aidant familial ». Elle s’ouvre dans trois cas de figure, avec des règles propres à chacun.1

Situation Affiliation Limite
Congé ou réduction d’activité non indemnisé, pour un proche en GIR 1 à 4, taux d’incapacité ≥ 80 %, ou bénéficiaire d’une pension d’invalidité/rente AT avec besoin d’aide d’un tiers Sur demande 264 jours sur toute la carrière
Bénéficiaire de l’AJPA (allocation journalière du proche aidant) Automatique 66 jours par personne aidée
Parent d’un enfant en situation de handicap (AJPP, ou taux 50-79 % avec compléments, ou ≥ 80 %) ; ou aidant d’un adulte handicapé Automatique, ou sur demande selon les ressources Voir conditions ci-dessous

Pour un adulte handicapé aidé, l’affiliation suppose soit un accord de la MDPH, soit des ressources inférieures à 63 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (le montant en euros de ce plafond est révisé chaque année : à vérifier sur securite-sociale.fr au moment de la demande plutôt que de se fier à un chiffre déjà lu ailleurs).1

Une exclusion à connaître : les fonctionnaires, militaires et magistrats ne peuvent pas être affiliés à l’AVA, du fait de leur régime de retraite propre.1

Schéma des trois voies d'affiliation à l'assurance vieillesse des aidants (AVA) : congé proche aidant non indemnisé sur demande, bénéficiaire de l'AJPA en affiliation automatique, aidant d'un enfant ou d'un adulte handicapé en affiliation automatique ou sur conditions de ressources, menant toutes à la validation de trimestres de retraite
Trois situations distinctes ouvrent droit à l’AVA : le congé de proche aidant non indemnisé (affiliation sur demande, plafonnée à 264 jours sur la carrière), le fait de percevoir l’AJPA (affiliation automatique, 66 jours par personne aidée), et l’accompagnement d’un enfant ou d’un adulte handicapé (automatique ou sur conditions de ressources). Dans les trois cas, l’aboutissement est le même : des trimestres de retraite validés, sans versement direct à l’aidant.

La démarche : automatique ou à faire soi-même

Deux cas se distinguent nettement.1

  • Vous percevez déjà l’AJPA ou l’AJPP : l’affiliation à l’AVA se fait automatiquement, aucune démarche à effectuer.
  • Vous êtes en congé ou réduction d’activité non indemnisé : la demande se fait auprès de la CAF ou de la MSA, avec une attestation d’APA de la personne aidée, un justificatif de l’aide régulière apportée, et une déclaration de ressources.

La démarche liée au congé de proche aidant se fait en ligne via le portail connect.caf.fr, géré par la CNAF.2 En cas de doute sur votre situation, la CAF ou la MSA dont vous dépendez reste l’interlocuteur à contacter en premier : eux seuls peuvent confirmer votre éligibilité au vu de votre dossier.

Un point pratique à anticiper : la demande s’appuie sur des justificatifs datés (attestation d’APA de la personne aidée, preuve de l’aide apportée), pas sur une simple déclaration sur l’honneur. Mieux vaut rassembler ces pièces avant de déposer le dossier plutôt que de le voir mis en attente le temps de les fournir.

Pièges fréquents

Ce qu’on peut lire, à tort, sur l’AVA

  • « L’AVA me verse de l’argent tous les mois. » Faux : l’AVA valide des trimestres de retraite, elle ne verse aucune somme à l’aidant. Ce qui verse une allocation, c’est l’AJPA (allocation journalière du proche aidant), un dispositif distinct.
  • « Mes années d’aidant avant 2023 sont couvertes automatiquement. » Le passage à l’AVA n’est pas rétroactif : seules les périodes accomplies à partir du 1er septembre 2023 relèvent du nouveau dispositif. Les trimestres déjà validés sous l’AVPF restent acquis, mais aucune période antérieure n’est reconstituée après coup.
  • « Je suis fonctionnaire, ça marche pareil. » Non : les fonctionnaires, militaires et magistrats sont exclus de l’AVA, leur régime de retraite étant différent.
  • « Puisque je touche l’APA de mon proche, je suis affilié automatiquement. » L’affiliation automatique dépend de VOTRE situation (percevoir l’AJPA ou l’AJPP), pas de celle de la personne aidée. Un congé non indemnisé exige une demande explicite auprès de la CAF ou de la MSA.

Quand demander de l’aide

Les démarches liées à l’AVA restent administratives : elles se règlent avec la CAF, la MSA ou un service social, pas avec un professionnel de santé. Mais la charge de coordination qui pèse sur un aidant familial, elle, ne se limite jamais aux seuls papiers. Quand le suivi des dossiers s’ajoute à l’accompagnement quotidien d’un proche, c’est souvent le signal qu’il devient nécessaire de chercher du répit et du soutien, ou de mieux répartir les rôles en organisant les intervenants autour du maintien à domicile.

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En bref

  • Depuis le 1er septembre 2023, l’AVA remplace l’AVPF pour les proches aidants : ce n’est pas rétroactif.
  • L’AVA valide des trimestres de retraite, elle ne verse aucune somme directement à l’aidant.
  • Trois situations ouvrent droit à l’AVA : congé non indemnisé (sur demande, 264 jours max), AJPA (automatique, 66 jours par personne aidée), aidant d’un enfant ou d’un adulte handicapé (automatique ou sur conditions de ressources).
  • Fonctionnaires, militaires et magistrats en sont exclus.
  • La demande, quand elle n’est pas automatique, se fait auprès de la CAF ou de la MSA.

Questions fréquentes

L’AVA remplace-t-elle complètement l’AVPF ?
Oui pour les nouvelles périodes, depuis le 1er septembre 2023. Les trimestres déjà validés au titre de l’AVPF avant cette date restent acquis et ne sont pas remis en cause.

Faut-il être aidant d’un parent pour être affilié ?
Non. L’AVA ne réserve plus l’affiliation aux liens familiaux étroits avec cohabitation : un aidant non cohabitant, avec un lien stable et étroit avec la personne aidée, peut être concerné dans le cas de l’aide à un adulte handicapé.

Combien de trimestres l’AVA permet-elle de valider ?
Cela dépend de la durée réelle de la période d’aide et des règles de calcul appliquées par votre caisse de retraite. Le nombre précis se détermine au moment de la demande, sur la base de votre dossier : ni la CAF ni la MSA ne peuvent donner ce chiffre à l’avance de façon générique.

Que faire si je suis aidant sans être éligible à l’AVA ?
D’autres dispositifs existent pour les aidants (congé de proche aidant, MDPH, PCH), avec leurs propres conditions. Renseignez-vous auprès de votre CAF, de la MDPH ou d’une association d’aidants pour identifier ceux qui correspondent à votre situation.

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis individualisé de votre caisse de retraite ou de votre CAF/MSA, seules à même de confirmer vos droits au vu de votre dossier.

Sources & références

  1. Pour les personnes âgées (gouv.fr), « Comment bénéficier de l’assurance vieillesse des aidants (AVA) ? », mise à jour le 31/07/2026. Consulter la page
  2. Service-public.fr, « Affiliation à l’Assurance vieillesse des aidants au titre du congé proche aidant », vérifiée le 19/09/2023 ; CNSA, « Assurance vieillesse des aidants / parents au foyer (AVPF) ». Consulter la page CNSA
  3. Légifrance, décret n° 2023-752 du 10 août 2023 relatif, entre autres, à l’assurance vieillesse des aidants. Consulter le décret
  4. Informations.handicap.fr, « Assurance vieillesse aidants : quoi de neuf au 1er septembre 2023 », publié le 13/08/2023, analyse du décret n° 2023-752. Consulter l’article

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