Rester chez soi tout en bénéficiant d’activités, de repas et d’une présence en journée, avant de rentrer dormir à domicile le soir : c’est le principe de l’accueil de jour. Peu connu, ce dispositif est pourtant une solution intermédiaire concrète entre le domicile seul et l’entrée en établissement, à la fois pour la personne âgée et pour ses proches aidants. Nous expliquons à qui il s’adresse, comment une journée se déroule, comment le demander et comment le financer.
Qu’est-ce que l’accueil de jour
L’accueil de jour est une structure, le plus souvent adossée à un EHPAD ou autonome, qui reçoit des personnes âgées vivant à leur domicile une à plusieurs journées, ou demi-journées, par semaine1. La personne y est accueillie le matin, participe à des activités et prend ses repas sur place, puis rentre chez elle le soir : il ne s’agit jamais d’un hébergement avec nuitée1.
L’objectif est double : proposer à la personne accueillie un accompagnement individualisé qui préserve son autonomie et rompt l’isolement, et offrir au proche aidant un temps de répit régulier et prévisible dans la semaine1.
À qui s’adresse l’accueil de jour
Le dispositif concerne principalement les personnes âgées en perte d’autonomie, avec une place importante donnée aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée, pour qui de nombreuses structures proposent un accompagnement spécifique. Il s’adresse aussi, plus largement, à toute personne âgée en perte d’autonomie physique qui bénéficierait d’activités encadrées et de contacts sociaux réguliers.
Un diagnostic n’est pas un prérequis obligatoire : une consultation mémoire ou un avis neurologique, quand il existe, facilite surtout l’orientation et l’adaptation du projet d’accueil à la personne, sans être une condition d’entrée en soi. C’est le dossier d’admission, avec son volet médical rempli par le médecin traitant, qui permet à l’équipe de la structure d’évaluer si l’accueil est adapté.
Ce n’est pas réservé aux personnes très dépendantes. L’accueil de jour vise justement à intervenir tôt, avant que la situation ne se dégrade, pour maintenir des capacités et retarder une entrée en établissement permanent.
Comment se déroule une journée

Une équipe pluridisciplinaire encadre les personnes accueillies, avec des activités pensées pour stimuler les capacités physiques, cognitives et sensorielles : ateliers mémoire, activités manuelles, exercices de mobilité douce, temps de repos. Le rythme s’adapte à la personne, qui peut venir à la demi-journée ou à la journée complète selon les structures et son propre besoin1.
Comment faire la demande
- Repérer les structures d’accueil de jour à proximité, en priorité auprès du CLIC (Centre local d’information et de coordination) ou du conseil départemental, qui connaissent l’offre du territoire.
- Contacter directement la ou les structures identifiées pour visiter les lieux et évaluer si l’ambiance et les activités proposées conviennent à la personne.
- Constituer un dossier d’admission, avec un volet administratif et un volet médical rempli par le médecin traitant.
- Si un plan d’aide APA existe déjà ou est en cours de constitution, signaler le projet d’accueil de jour à l’équipe médico-sociale du département, pour qu’elle l’intègre au plan.
Un délai est à anticiper : certaines structures ont une liste d’attente, en particulier sur les créneaux les plus demandés. Mieux vaut engager la démarche avant que la situation ne devienne urgente.
Coût et prise en charge
Le prix de la journée est fixé chaque année par le conseil départemental, structure par structure : il n’existe pas de tarif national unique1.
Pour une personne bénéficiaire de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile, classée en GIR 1 à 4 (voir notre article sur la grille AGGIR), l’accueil de jour peut être intégré directement au plan d’aide APA : une partie, voire la totalité du coût, est alors prise en charge dans la limite du plafond mensuel du plan1.
Quand le plan d’aide atteint son plafond, une enveloppe supplémentaire au titre du droit au répit peut financer l’accueil de jour ou une autre solution de répit, jusqu’à 583,52 € par an (en 2026)2,3. Une aide ponctuelle, plafonnée à 1 159,32 € en 2026, existe aussi si le proche aidant lui-même est hospitalisé et que son aide est indispensable au quotidien2.
Le transport entre le domicile et la structure est en général organisé par l’accueil de jour lui-même ; à défaut, un forfait transport est versé à la famille ou déduit du tarif journalier, dans la limite d’un plafond fixé chaque année1.
Sans APA ou au-delà du plan d’aide, le tarif journalier reste à la charge de la personne ou de sa famille, avec des compléments parfois possibles auprès des caisses de retraite, d’une complémentaire santé ou d’une aide extralégale de la commune2. Le conseil départemental reste l’interlocuteur pour connaître précisément les aides mobilisables selon la situation.
Accueil de jour, hébergement temporaire, séjour de répit : ne pas confondre
Ces trois termes se recoupent souvent dans les recherches des familles, sans désigner la même chose. L’accueil de jour ne comporte jamais de nuitée : la personne rentre chez elle chaque soir. L’hébergement temporaire est, à l’inverse, un séjour avec nuitées, en établissement ou en famille d’accueil, sur une durée courte, par exemple à la sortie d’une hospitalisation ou pour une période difficile4. Le séjour de répit n’est pas un dispositif en soi mais un objectif : le droit au répit du proche aidant, qui peut être satisfait aussi bien par un accueil de jour régulier que par un hébergement temporaire ponctuel4.
Nous ne détaillons pas davantage ici l’hébergement temporaire, qui mérite un traitement à part : retenir simplement qu’il se distingue par la présence de nuitées, là où l’accueil de jour n’en comporte jamais. Pour le répit au sens large, notre article sur le soutien aux proches aidants présente les plateformes d’accompagnement qui orientent vers l’une ou l’autre solution selon la situation.
Pièges fréquents
- Attendre l’épuisement de l’aidant pour engager la démarche. Les délais d’admission et parfois les listes d’attente rendent une demande tardive plus difficile à satisfaire rapidement.
- Penser qu’un diagnostic d’Alzheimer est obligatoire. De nombreuses personnes en perte d’autonomie physique, sans trouble cognitif, sont accueillies dans ces structures.
- Oublier la question du transport avant de s’engager. Le mode d’organisation et son coût éventuel changent nettement le reste à charge réel.
- Ne solliciter l’APA qu’après le début de l’accueil. Signaler le projet en amont à l’équipe médico-sociale évite d’avancer plusieurs mois de frais avant une prise en charge rétroactive incertaine.
Quand demander de l’aide
Le médecin traitant reste le premier interlocuteur pour évaluer si l’accueil de jour est adapté à la situation, en particulier en cas de trouble cognitif. Le CLIC et le conseil départemental orientent vers les structures du territoire et vers le plan d’aide APA. Si le principal besoin est un répit plus large ou un accompagnement pour tenir dans la durée, notre article sur les ressources pour les proches aidants détaille les plateformes de répit et le soutien psychologique disponibles au-delà de l’accueil de jour seul. Et si l’isolement est la préoccupation principale, notre article sur l’isolement de la personne âgée à domicile passe en revue d’autres leviers complémentaires.
Visitadom met en relation avec des infirmiers et des kinésithérapeutes libéraux qui interviennent au domicile ; nous ne gérons pas les admissions en accueil de jour et ne pouvons garantir ni délai ni disponibilité, mais un passage régulier d’un professionnel de santé à domicile peut compléter utilement les jours où la personne reste chez elle.
En bref. L’accueil de jour reçoit la personne âgée un ou plusieurs jours par semaine, en journée, avec retour à domicile le soir : ce n’est jamais un hébergement avec nuitée. Il s’adresse aux personnes en perte d’autonomie, avec ou sans trouble cognitif. Le tarif journalier est fixé par le conseil départemental ; l’APA à domicile (GIR 1 à 4) peut le financer, et une enveloppe de droit au répit jusqu’à 583,52 € par an (2026) prend le relais au-delà du plan d’aide. Mieux vaut engager la démarche avant l’épuisement, les délais d’admission pouvant être longs.
Questions fréquentes
Faut-il un diagnostic médical précis pour aller en accueil de jour ?
Non, ce n’est pas une condition obligatoire. Un avis médical ou une consultation mémoire facilite l’orientation, mais c’est le dossier d’admission et son volet médical, rempli par le médecin traitant, qui déterminent si l’accueil est adapté.
Peut-on essayer l’accueil de jour avant de s’engager sur plusieurs jours par semaine ?
Dans la plupart des structures, oui : le rythme se construit progressivement, en commençant souvent par une demi-journée ou une journée par semaine, ajustée ensuite selon la réponse de la personne accueillie.
Que se passe-t-il si le plafond de l’APA est déjà atteint par d’autres aides ?
Une enveloppe supplémentaire, dédiée au droit au répit, peut financer l’accueil de jour au-delà du plafond habituel, dans la limite de 583,52 € par an en 20262,3. Le conseil départemental précise les conditions d’accès à cette enveloppe.
L’accueil de jour remplace-t-il une aide à domicile ou un infirmier ?
Non, ce sont des interventions complémentaires. L’accueil de jour concerne les journées passées en structure ; les autres jours, les besoins d’aide ou de soins à domicile restent à organiser séparément.
Sources et références
- Pour les personnes âgées (gouv.fr), « Aller à l’accueil de jour », page mise à jour le 12 janvier 2026. pour-les-personnes-agees.gouv.fr
- Pour les personnes âgées (gouv.fr), « Les aides en accueil de jour », page mise à jour le 12 janvier 2026. pour-les-personnes-agees.gouv.fr
- Pour les personnes âgées (gouv.fr), « L’aide au répit dans le cadre de l’APA », page mise à jour le 15 janvier 2026. pour-les-personnes-agees.gouv.fr
- Pour les personnes âgées (gouv.fr), « Solutions temporaires ». pour-les-personnes-agees.gouv.fr
Cet article ne remplace pas un avis médical. Pour toute question sur votre situation personnelle, parlez-en à votre médecin traitant ou au conseil départemental.