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La PCH : conditions, montants, et le dédommagement d’un aidant familial

11 min de lecture

Une aidante familiale ajuste l'oreiller de son proche âgé alité à domicile

La prestation de compensation du handicap (PCH) peut servir à dédommager un proche qui apporte une aide humaine régulière. Nous détaillons ici les cinq éléments de la PCH, les conditions pour en bénéficier, et surtout ce que touche concrètement un aidant familial dédommagé : montants, plafonds et démarches, à jour de la grille CNSA du 1er juin 2026.

Cet article ne remplace pas un avis médical ni une évaluation par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Visitadom ne verse ni n’instruit la PCH : nous mettons en relation avec des professionnels de santé, la prestation elle-même relève du conseil départemental et de la MDPH.

Qu’est-ce que la PCH ?

La prestation de compensation du handicap est une aide financière du conseil départemental destinée à couvrir les surcoûts liés au handicap1. Elle comprend cinq formes d’aides2 :

  • l’aide humaine, pour l’intervention d’une tierce personne
  • l’aide technique, pour du matériel adapté
  • l’aménagement du logement, du véhicule, ou les surcoûts de transport
  • les charges spécifiques ou exceptionnelles liées au handicap
  • l’aide animalière, pour un chien guide ou d’assistance

L’aide humaine est l’élément qui nous intéresse ici : elle sert, selon les mots de service-public.gouv.fr, à couvrir « l’intervention d’une tierce personne, assurée par un aidant familial […], un salarié ou un service prestataire d’aide à domicile »2. C’est cet élément qui permet de dédommager un proche plutôt que de le salarier.

À qui s’adresse la PCH

Pour être éligible, il faut se trouver dans l’une de ces deux situations2 : une difficulté absolue pour réaliser une activité importante du quotidien (par exemple se laver), ou une difficulté grave pour au moins deux activités (se laver et marcher, par exemple). Ces difficultés doivent être définitives ou durer au moins un an.

Trois autres conditions s’ajoutent :

  • L’âge : il faut avoir moins de 60 ans pour déposer une première demande, sauf si les critères étaient déjà remplis avant cet âge ou en cas d’activité professionnelle poursuivie au-delà2.
  • La résidence : résider en France de façon stable, avec des règles particulières pour les personnes étrangères2.
  • Les ressources : aucune condition de ressources n’est exigée pour ouvrir le droit à la PCH, mais elles déterminent le taux de prise en charge des dépenses. En dessous de 31 162,62 € de revenus annuels, la prise en charge est à 100 % du tarif ; au-dessus, elle passe à 80 %2.

À qui s’adresse cet article
Vous accompagnez un proche en situation de handicap et vous demandez si votre aide peut être dédommagée, ou vous préparez un dossier MDPH et cherchez les montants avant de choisir entre emploi direct et dédommagement.

Le dédommagement de l’aidant familial : de quoi s’agit-il

L’élément aide humaine de la PCH peut être utilisé de quatre façons différentes3 : rémunérer un salarié en emploi direct, passer par un service mandataire, passer par un service prestataire, ou dédommager un aidant familial. C’est ce dernier mode, distinct des trois autres, qui nous intéresse ici : contrairement à l’emploi direct, « ce dédommagement est une somme d’argent et non un salaire »3, et l’aidant familial ne doit avoir aucun lien de subordination avec la personne aidée.

Schéma des quatre façons d'utiliser l'aide humaine de la PCH : emploi direct, service mandataire, service prestataire, dédommagement de l'aidant familial
Schéma de principe. L’aide humaine de la PCH se répartit en quatre modes : l’emploi direct (la personne aidée devient employeur), le service mandataire (un organisme gère les formalités mais l’emploi reste direct), le service prestataire (un organisme facture sa prestation, sans lien d’emploi), et le dédommagement de l’aidant familial (une somme versée à un proche, sans lien de subordination ni statut de salarié).

Est considéré comme aidant familial pouvant être dédommagé, selon le code de l’action sociale et des familles4 : le conjoint, le concubin, le partenaire de Pacs, un ascendant, un descendant ou un collatéral jusqu’au 4e degré de la personne aidée (ou de son conjoint), à condition de ne pas être salarié pour cette aide. Pour un enfant handicapé, la liste s’élargit à toute personne qui réside avec lui et entretient des liens étroits et stables.

Combien touche un aidant familial dédommagé

Les tarifs de l’aide humaine sont fixés par une grille nationale, révisée plusieurs fois par an car indexée sur le Smic et sur la convention collective des salariés du particulier employeur5. La grille en vigueur date du 1er juin 2026.

Modalité Tarif horaire
Aidant familial dédommagé 4,93 €
Aidant familial dédommagé, en cas d’arrêt ou de réduction d’activité professionnelle 7,39 €
Emploi direct (principe général) 19,92 €
Service mandataire (principe général) 21,91 €
Service prestataire 25,00 €

Le taux majoré de 7,39 € par heure s’applique dès que l’aidant a dû cesser ou réduire son activité professionnelle du seul fait de l’aide apportée6. C’est une condition différente de celle du plafond mensuel majoré, détaillée plus bas : les deux ne se confondent pas.

Ce dédommagement horaire est plafonné chaque mois5 :

Ce qu’il faut retenir

Le dédommagement d’un aidant familial est plafonné à 1 269,83 € par mois (grille CNSA au 1er juin 2026, tableau « Montant mensuel maximum du dédommagement de chaque aidant familial »). Ce plafond passe à 1 523,80 € par mois lorsque l’aidant n’exerce plus aucune activité professionnelle et que la personne aidée nécessite une aide totale pour la plupart des actes essentiels, avec une présence constante ou quasi constante. Le plafond s’applique par aidant : si plusieurs proches sont dédommagés dans un même plan d’aide, chacun peut atteindre son propre plafond.

Le montant réellement versé dépend du nombre d’heures d’aide humaine inscrites au plan personnalisé de compensation et identifiées comme apportées par l’aidant familial, multiplié par le tarif horaire, dans la limite du plafond mensuel et du taux de prise en charge (100 % ou 80 % selon les ressources).

Une divergence existe entre sources officielles sur le tarif majoré : la grille CNSA du 1er juin 2026 indique 7,39 €, tandis que service-public.gouv.fr affiche 7,40 € (un arrondi). Nous retenons ici la grille CNSA, qui fait référence pour la Direction générale de la cohésion sociale.

La fiscalité du dédommagement

Le dédommagement d’un aidant familial n’est pas imposable, contrairement au salaire d’un aidant employé en emploi direct. Selon service-public.gouv.fr : « Vous n’avez pas à déclarer vos dédommagements d’aidant familial. Ils ne sont pas imposables. »7 Cette exonération, prévue par le code général des impôts, s’applique aux sommes perçues depuis le 1er janvier 20198.

Salarier un membre de sa famille : les exclusions

Certains proches ne peuvent pas être salariés en emploi direct avec la PCH9 : le conjoint, le concubin, le partenaire de Pacs, ainsi que les parents et les enfants de la personne aidée. Une exception existe : si l’état de santé nécessite une aide totale pour la majorité des actes essentiels et une présence constante ou quasi constante, l’emploi de l’un de ces proches devient possible, avec le même tarif horaire que l’emploi direct classique (19,92 €).

Ce qui se cumule, ce qui ne se cumule pas

  • PCH et APA : non cumulables. Une personne éligible aux deux à partir de 60 ans doit choisir10.
  • PCH et AEEH (enfant handicapé) : cumul possible, selon les compléments choisis11.
  • PCH et AAH : cumulables.
  • Les sommes versées au titre d’un régime de sécurité sociale se déduisent du montant de la PCH10.

Comment demander la PCH

La demande se dépose auprès de la MDPH du lieu de résidence, en ligne si un téléservice existe ou par courrier, avec le formulaire Cerfa 15692 et un certificat médical Cerfa 15695 de moins d’un an. Notre article sur le dossier MDPH et l’aidant familial détaille pas à pas les pièces à réunir.

La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de la MDPH instruit ensuite le dossier. Le délai légal de réponse est de 4 mois ; passé ce délai sans réponse, la demande est considérée comme rejetée12. La PCH est ensuite versée mensuellement par le conseil départemental, à compter du premier jour du mois du dépôt de la demande.

Pièges fréquents

  • Confondre le tarif horaire majoré et le plafond mensuel majoré. Ce ne sont pas les mêmes conditions : le tarif horaire passe à 7,39 € dès l’arrêt ou la réduction d’activité, le plafond mensuel ne passe à 1 523,80 € qu’en cas d’arrêt total ET de besoin d’aide totale avec présence constante.
  • S’appuyer sur une page qui n’a pas été mise à jour. Certaines pages officielles affichent encore les montants du 1er janvier 2026 (4,78 € et 7,16 €, plafonds à 1 231,15 € et 1 477,38 €) : vérifiez toujours la date de mise à jour affichée avant de retenir un chiffre.
  • Croire que le plafond s’applique par personne aidée. Le tableau CNSA précise « chaque aidant familial » : si plusieurs proches interviennent, chacun a son propre plafond.
  • Penser que la PCH se cumule avec l’APA. Ce n’est pas le cas : passé 60 ans, il faut choisir entre les deux si l’on est éligible aux deux.

Quand demander de l’aide

Le montage d’un dossier PCH, l’estimation du nombre d’heures d’aide humaine ou l’arbitrage entre dédommagement et salariat sont des démarches qui se préparent avec un accompagnement. La MDPH, une assistante sociale, ou une association de proches aidants peuvent vous aider à constituer le dossier. Notre article où trouver de l’aide quand on est aidant familial recense les relais existants.

Si les besoins de soin de votre proche évoluent en parallèle de ces démarches, Visitadom vous met en relation avec des infirmiers, kinésithérapeutes ou ostéopathes à domicile près de chez vous.

En bref

  • La PCH aide humaine peut dédommager un aidant familial, sans en faire un salarié.
  • Au 1er juin 2026 : 4,93 € de l’heure (7,39 € si l’aidant a réduit ou cessé son activité).
  • Plafond mensuel : 1 269,83 €, ou 1 523,80 € en cas de besoin d’aide totale et de présence constante.
  • Le dédommagement n’est pas imposable, contrairement à un salaire d’emploi direct.
  • La demande se dépose à la MDPH, avec une réponse sous 4 mois.
  • PCH et APA ne se cumulent pas ; PCH et AEEH ou AAH, oui, sous conditions.

Questions fréquentes

Un conjoint peut-il être dédommagé au titre de la PCH ?
Oui, le conjoint fait partie des aidants familiaux reconnus par les textes, à condition de ne pas avoir de lien de subordination avec la personne aidée. En revanche, il ne peut pas être salarié en emploi direct, sauf dans le cas d’un besoin d’aide totale avec présence constante.

Le dédommagement remplace-t-il un salaire de la personne aidée ?
Non. C’est une compensation financière, pas une rémunération : elle n’ouvre pas de droits à la retraite au même titre qu’un emploi salarié, et n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu.

Peut-on cumuler la PCH avec l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ?
Non, les deux dispositifs ne sont pas cumulables. Une personne éligible aux deux, généralement à partir de 60 ans, doit faire un choix entre l’une et l’autre.

Où trouver le montant exact que je pourrais percevoir ?
Le montant dépend du nombre d’heures d’aide humaine évaluées dans votre plan personnalisé de compensation, propre à chaque situation. Seule la MDPH peut établir ce calcul individuel ; les montants de cet article sont les tarifs et plafonds nationaux, pas une estimation personnalisée.

Sources & références

  1. Légifrance, article L245-3 du code de l’action sociale et des familles. legifrance.gouv.fr
  2. Service-public.gouv.fr, fiche F14202 « Prestation de compensation du handicap (PCH) », vérifiée le 1er juillet 2026. service-public.gouv.fr
  3. Service-public.gouv.fr, fiche F32794 « Peut-on utiliser l’Apa ou la PCH pour rémunérer une aide à domicile ou un aidant familial ? », vérifiée le 1er juillet 2026. service-public.gouv.fr
  4. Légifrance, article R245-7 du code de l’action sociale et des familles. legifrance.gouv.fr
  5. CNSA / Direction générale de la cohésion sociale, « Tarifs et montants applicables aux différents éléments de la PCH à compter du 1er juin 2026 ». cnsa.fr
  6. Arrêté du 28 décembre 2005 fixant les tarifs de l’élément de la prestation de compensation, version en vigueur. legifrance.gouv.fr
  7. Service-public.gouv.fr, fiche F32829 « Comment un aidant familial doit-il déclarer ses revenus ? », vérifiée le 15 avril 2026. service-public.gouv.fr
  8. BOFiP-Impôts, BOI-RSA-CHAMP-10-10-20. bofip.impots.gouv.fr
  9. Légifrance, article D245-8 du code de l’action sociale et des familles. legifrance.gouv.fr
  10. Légifrance, article L232-23 du code de l’action sociale et des familles. legifrance.gouv.fr
  11. Service-public.gouv.fr, fiche F14764 « Handicap : peut-on cumuler la PCH avec d’autres allocations ? », vérifiée le 15 janvier 2026. service-public.gouv.fr
  12. Article R241-33 du code de l’action sociale et des familles, cité par service-public.gouv.fr F14202.

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